Etudes aerauliques comparées pour l'implantation de brasseurs d'air de plafond

Les 7 erreurs à éviter lors de l’intégration de brasseurs d’air de plafond

Temps de lecture : 5 minutes
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Les brasseurs d’air de plafond connaissent un essor croissant dans les bâtiments à grands volumes comme dans les espaces plus petits : entrepôts logistiques, aéroports, gymnases, ERP, ou encore centres commerciaux, bureaux, logements, salles de classe…. Leur intérêt réside autant dans l’amélioration du confort thermique que dans les économies d’énergie qu’ils permettent de générer, notamment lorsqu’ils sont utilisés en complément d’installations de chauffage ou de climatisation.

Pourtant, de nombreuses installations de brasseurs d’air sont sous-performantes, voire inutiles, parce qu’elles n’ont pas été correctement conçues ou intégrées. À partir de retours d’expérience et de cas concrets, cet article met en lumière 7 erreurs fréquentes et explique comment les éviter.

Ne pas mesurer l’impact des brasseurs d’air sur la température ressentie

La performance d’un brasseur d’air ne peut se limiter à une température ambiante mesurée. C’est la température ressentie par les occupants qui constitue l’indicateur pertinent.

Grâce aux études aérauliques, il est possible de quantifier l’effet réel d’un appareil en fonction du type d’activité et des conditions intérieures. Ainsi, dans un gymnase à 30 °C et 50 % d’humidité, l’air brassé peut générer une baisse de ressenti allant jusqu’à 8 °C. Dans un bureau, la réduction est plutôt de 4 à 5 °C.

Ces études s’appuient sur des références solides : la norme ASHRAE 55 (confort thermique dans les bâtiments) et le diagramme de Givoni, qui intègre température et hygrométrie. Sans ce type d’évaluation, le dimensionnement reste approximatif et le confort non garanti.

Diagramme de Givoni
Le diagramme de givoni intégre température et taux d’humidité.
abaques-du-cbe
Abaques du CBE

Installer trop de brasseurs d’air

La tentation est grande de multiplier les ventilateurs pour « couvrir » une surface. En pratique, cela se révèle contre-productif.

Un cas typique : un hall équipé de 15 petits ventilateurs présentait de larges zones mal ventilées. Une configuration optimisée avec 4 ventilateurs de plus grand diamètre a permis d’obtenir une couverture homogène, avec une consommation réduite et moins de points de maintenance.

La règle est simple : mieux vaut moins d’appareils, mais de plus grande taille, adaptés au volume et à la hauteur du bâtiment.

Etudes aerauliques comparées pour l'implantation de brasseurs d'air de plafond
Nombre de brasseurs d’air optimisé grâce à une étude aeraulique réalisée par Turbobrise

Accrocher les ventilateurs de plafond trop haut

Un brasseur d’air placé trop haut devient inefficace. La règle de pose est claire :

  • Hauteur minimale : 2,10 m.

  • Hauteur maximale : 1 à 2 fois le diamètre du ventilateur.

Par exemple, un ventilateur de 3 m de diamètre doit être installé entre 3 et 6 m de haut. Au-delà, l’air brassé ne parvient plus au niveau des occupants.

L’erreur observée dans la passerelle de la gare TGV de Nantes illustre ce problème : de petits ventilateurs fixés à 6 m de hauteur ne produisent aucun effet perceptible, transformant l’investissement en dépense inutile.

Erreur de positionnement de brasseurs d'air de plafond - passerelle-gare-de-nantes- Turbobrise
Brasseurs d'air placés trop haut dans la passerelle de la gare de Nantes

Produire l’effet stroboscopique

L’effet stroboscopique résulte de l’interaction entre la lumière et le mouvement des pales. Il peut créer un scintillement désagréable, voire perturbant.

  • Dans les zones de passage (galeries commerciales, entrepôts logistiques), il est tolérable.

  • Dans les espaces avec postes fixes (salles de classe, bureaux, ateliers), il devient problématique.

Les bonnes pratiques consistent à éviter l’installation directement sous un éclairage, à neutraliser certaines sources lumineuses ou à intégrer un kit d’éclairage au ventilateur. Par exemple, sur les ventilateurs de plafond Turbobrise, il existe des modules LED réglables en puissance et en température de couleur pour harmoniser l’ambiance lumineuse.

POSITIONNEMENT DES VENTILATEURS DE PLAFOND PAR RAPPORT AUX LUMINAIRES - Turbobrise

Ignorer la consommation électrique des ventilateurs de plafond

La consommation électrique des brasseurs d’air varie fortement selon les modèles. Chez Turbobrise, un appareil de 1,30 m de diamètre peut consommer seulement 20 W, alors que des modèles concurrents équivalents peuvent monter à 70 W.

À l’échelle d’un grand bâtiment (plateau de bureaux, collège, hôtel), l’écart de coût d’exploitation sur 10 ans est considérable. Par exemple, un plateau de 1 000 m² peut générer 17 000 € de surcoût énergétique si la consommation des brasseurs d’air n’a pas été prise en compte au moment du choix.

Recommandation : lors de la rédaction des CCTP, préciser la puissance électrique maximale des appareils afin d’éviter que le critère prix d’achat ne prenne le pas sur le coût global d’exploitation.

comparatif du cout d un brasseur d air haiku vs concurrent - Turbobrise

Penser que climatisation et brasseurs d’air sont incompatibles

Une idée reçue consiste à croire que l’installation de climatisation rend inutile le recours aux brasseurs d’air. En réalité, les deux solutions sont complémentaires, on parle de rafraîchissement hybride.

Le brassage homogénéise la répartition de l’air froid, ce qui permet de relever le point de consigne de la climatisation de 2 à 4 °C tout en conservant le confort. Résultat : des économies d’énergie significatives.

Exemple : dans un centre commercial avec une verrière exposée à l’ouest, des ventilateurs de 3 m ont permis de répartir efficacement l’air conditionné et de réduire les besoins en froid.

Insister pour faire tourner les brasseurs d’air à l’envers en hiver

Certains recommandent d’inverser le sens de rotation en hiver pour « repousser » l’air chaud. Cette pratique est non seulement inutile, mais également énergivore.

Les pales sont profilées pour fonctionner dans un sens précis. L’inversion entraîne une consommation excessive et des courants d’air froid désagréables. La bonne pratique consiste à laisser le ventilateur tourner dans son sens normal, à faible vitesse, afin de déstratifier l’air chaud accumulé en hauteur.

Les gains énergétiques sont majeurs : dans un hypermarché, l’installation de brasseurs a permis une économie annuelle estimée à 73 000 € sur le chauffage, pour un investissement amorti en une saison.

Conclusion

L’intégration de brasseurs d’air de plafond exige une approche technique rigoureuse. Les erreurs les plus courantes concernent le dimensionnement, la hauteur de pose, l’interaction avec l’éclairage, la consommation électrique et l’usage combiné avec les autres systèmes CVC. 

Turbobrise dispose d’un bureau d’études intégré et propose à ses clients des études aerauliques pour chaque projet et permet aux architectes, bureaux d’études et exploitants de choisir la meilleure implantation pour les brasseurs d’air.

En tenant compte de ces paramètres dès la conception, architectes, bureaux d’études et gestionnaires de bâtiments peuvent garantir un confort optimal aux occupants, tout en réduisant durablement les coûts d’exploitation et l’empreinte énergétique des bâtiments.

 

Etude aéraulique réalisée par Turbobrise pour l’installation de brasseurs d’air sur le site Prisme pour les jeux paralympiques 2024
Etude aéraulique réalisée par Turbobrise pour l’installation de brasseurs d’air sur le site Prisme pour les jeux paralympiques 2024